Texte institutionnel écrit par le journaliste Belge Michel Verlinden

C’est l’histoire d’un mec qui a d’abord été un môme, il y a 40 ans de cela. L’un de ces gosses qui préfèrent dessiner plutôt que faire des balades en forêt. L’œil aux aguets, il appartient à la tribu de ces enfants blêmes pour qui la bande dessinée résonne comme la promesse d’une vie meilleure.

Ses voyages, il les fait de bulles en cases. “Quand j’étais gosse, le super-héros était l’équivalent des peluches. Moi je n’ai jamais aimé les peluches. Pour dormir, certains gosses ont besoin d’un objet transitionnel qu’ils trimballent partout. Moi je trimballais les superhéros partout. J’ai appris un peu de la vie avec eux. Ils m’ont aidé à grandir. Au-delà de ma fascination pour le monde de l’enfance, il y a dans ces icônes de BD toute la nature humaine: le bien et le mal, la peur, les fantasmes, l’héroïsme des marvels, les anti-héros des comics, l’humour des auteurs belges.

Chemin faisant, comme c’est souvent le cas, Spark croit bon de dire adieu à l’enfant en lui. Il signe pour la vie d’entreprise, département création de sites Internet, Business Plan et PDA, c’est un autre destin qui s’ouvre à lui. Un destin de chiffres et de parts de marché dans lequel il n’y a pas trop de place pour les petits Mickeys.

Sauf qu’une voix intérieure en décide autrement. A 28 ans, c’est la rupture. Brutale. Il balance tout par la fenêtre pour reprendre le crayon. Il suit une formation à l’école nationale des Beaux-arts de Paris. Il enchaîne par un voyage aux Etats-Unis pour se perfectionner à New York.

“Je suis revenu avec Jean-Michel Basquiat dans ma valise.”

Aujourd’hui, il n’y a pas une de mes toiles dans laquelle il ne se trouve pas.

” Si la question de la vocation est réglée, reste à savoir comment. J’ai d’emblée écarté l’idée de faire de la bande dessinée. Je suis un auteur frustré. Je place la BD au-dessus de tout “

Alors, il bosse des heures et des heures dans sa cave. De cette alchimie des ténèbres va surgir un patchwork complexe qui empreinte à la figuration narrative, au graffiti, au tag, au manga, au Pop Art et au Neuvième Art. Le tout pour des compositions foisonnantes couchées sur toile dans lesquelles s’imposent des icônes graphiques contemporaines, de Spider-Man à Homer Simpson en passant par Donald Duck.

” Mon travail est une synthèse de la bande dessinée et de la peinture. Grâce à l’Influence de Basquiat, j’ai imaginé une autre dimension pour la BD dans laquelle les personnes s’affranchissent des cases et les mots explosent des bulles.”

Jouer avec la TNT a plutôt réussi à SPaRK – un blaze pyromane hérité de la mouvance graffiti à laquelle il s’est frotté.

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